Origine

L’EMDR (eye movement desensitization and reprocessing) ou désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires, a été proposé comme thérapie pour la première fois en 1987 par la thérapeute Francine Shapiro aux États-Unis. Elle l’a d’abord testée sur une dizaine de soldats revenus 10 ans plus tôt du Vietnam qui n’arrivaient pas à s’en remettre. Tous se sentaient mieux après leur séance.

Mécanisme de l’EMDR

Lorsque l’on entend un bruit, notre corps sursaute, puis nous ressentons une émotion : de la surprise, de la peur ; et notre cerveau analyse ce qu’il s’est passé. Mais, il y a des cas où le stimulus est trop important. Nos réactions sont alors démesurées, notre peur et nos capacités de réflexion sont dépassées. Notre pensée ne peut alors plus se connecter à nos émotions, qui deviennent incontrôlables. 

Si ce dysfonctionnement persiste dans le temps, on parle de trouble de stress post-traumatique. Sur le plan neurophysiologique, une partie du cerveau des émotions, l’amygdale reste hyper sensibilisée.  Le moindre stimulus venant du monde extérieur va l’activer et entraîner une émotion très intense. En EMDR, on dit que les mémoires sont stockées de façon dysfonctionnelle. C’est-à-dire que le processus de mémorisation d’un événement difficile n’a pas pu se réaliser correctement. Si l’on ne fait rien, la guérison du traumatisme est difficile, même plusieurs années après.

Revivre le traumatisme pour le guérir

Cette approche de neurophysiologie consiste à utiliser des stimulations sensorielles pour faire revivre le moment du traumatisme au patient.

  • Pendant la séance, le praticien lui propose de penser au moment du traumatisme, en laissant monter l’émotion et les sensations physiques associées, tout en gardant à l’esprit les aspects sensoriels les plus perturbants (image, son, odeur) ;
  • Puis, il lui demande de suivre du regard son doigt qu’il déplace devant le patient de gauche à droite ;
  • Il peut aussi proposer d’autres simulations comme des bips dans un casque ou des tapotements sur les genoux ; 
  • La stimulation dure généralement quelques dizaines de secondes, puis le patient exprime au thérapeute ses sensations, ses émotions et ses pensées.
Ce processus de stimulation puis d’expression est reproduit plusieurs fois pendant la séance. Le patient revit l’émotion de son traumatisme avec la même intensité. Mais, celle-ci va peu à peu diminuer jusqu’à disparaître. Puis l’EMDR va utiliser un processus semblable afin d’amener le patient à développer une pensée positive sur l’événement qu’il a vécu.